Interview with Polyglot Steve Kaufmann – How to Learn a Language

Thomas interviews polyglot Steve Kaufmann who explains how to learn a language.
Interview Polyglot Steve Kaufmann - Francais Immersion

Salut !

Today, I interview Steve Kaufmann, a well-known polyglot who learnt 20 languages. He explains his method and tips to learn a language. Learn French in fun and easy way!

Enjoy watching the video!

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Now it’s your turn

I’d like to hear what you have to say:
What are your tips to learn a language?
Or maybe you have a question.

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Merci ! A tout de suite…

Thomas

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Interview with Polyglot Steve Kaufmann – How to Learn a Language

Salut, c’est Thomas,Français Immersion TV.

Cette vidéo est un peu spéciale parce que j’ai l’honneur d’inviter Steve Kaufmann.

– Bonjour Steve.

– Bonjour.

– Bonjour, alors c’est un immense honneur pour moi de t’accueillir Steve Kaufmann.

– Tu es gentil.

– Alors Steve Kaufmann, pour te présenter brièvement, tu es canadien. Tu es polyglotte et tu parles 20 langues.

– Pas toujours, mais enfin en principe.

– Ok. Bien sûr, tu m’as dit qu’il y a des langues que tu domines mieux que d’autres et tu continues d’apprendre d’autres langues comme l’arabe, le persan et le turque. Tu as aussi étudié en France, à la Sorbonne.

– Oui, non pas à la Sorbonne. C’était à Sciences Po, rue Saint Guillaume.

– Tu es diplomate. Ou tu as été diplomate.

– J’étais diplomate, oui, pendant 7 ans.

– Ok. Et tu as travaillé dans le domaine du bois, au niveau international.

– C’est ça oui.

– D’accord. Ces activités t’ont permis de voyager, de découvrir de nouvelles cultures, et d’apprendre aussi plusieurs langues.

– Oui.

– A l’âge de la retraite, et c’est ça qui est plus surprenant, quand beaucoup de personnes se disent « Ah, apprendre des langues, ce n’est pas pour moi ! », toi, tu t’es mis à apprendre des langues. Et aujourd’hui, tu connais une vingtaine de langues. Douze que tu domines très bien, voire même très bien, comme le français, et on va le découvrir ensemble. Et puis en 2007, tu as créé avec ton fils Marc une méthode pour apprendre des langues, comme le français, l’allemand, l’espagnol. Et combien d’autres langues on peut apprendre ?

– Il y en a je crois 35 maintenant.

– Ouah ! D’accord.

– Sur le site.

– D’accord. Et donc cette méthode s’appelle LingQ.

– Ça s’appelle LingQ. Donc L I N… Pour moi, c’est toujours difficile en français, J, G, mais enfin c’est G, donc G (prononcé J) en anglais. L I N G Q. C’est bien ça non ?

– Oui, c’est ça.

– G comme Georges.

– LingQ majuscule.

– Q majuscule, enfin même minuscule, vous allez le trouver.

– Donc, cette application a été téléchargée plus de 100 000 fois. C’est impressionnant.

– Ouais, plus que ça.

– Ouais ? Plus ? Ok, ouah !

– Ouais, ouais. Parce que ça fait quand même pas mal d’années qu’on travaille là-dessus.

– Donc elle a aidé des milliers de personnes à apprendre une langue ou plusieurs langues et c’est peut-être cette application-là que tu utilises pour apprendre justement les autres langues comme le persan, ou… ?

– Exactement, j’ai l’habitude, enfin, je crois que l’apprentissage des langues, on a des méthodes ou même des podcasts, des choses qu’on aime écouter, qu’on aime utiliser. Ça devient une habitude et pour moi l’apprentissage des langues, c’est LingQ. C’est là où je suis le plus confortable, le plus à l’aise. Donc je l’ai utilisé pour le grec, pour le russe, pour le persan, pour le coréen, pour le roumain, pour tout.

– Ok. Impeccable. Et moi-même, j’ai des élèves qui utilisent cette application-là. Quand je leur ai dit « Tiens, je vais interviewer Steve Kaufmann. », ils m’ont dit « Ah tiens, c’est l’auteur de l’application LingQ. ». Voilà, tu es déjà…

– Je ne dirais pas l’auteur. Parce que c’est plutôt mon fils qui a conçu comment ça doit marcher. On a des collaborateurs en Ukraine, enfin des gens qui créent des programmes, en Corée, enfin… lui, il coordonne tout ça. Et moi, je suis un peu le vieux qui parle beaucoup de langues.
– D’accord. Et qui fait la promotion aussi.

– Oui, ça devient un peu la promotion.

– Très bien.

– Mais les principes d’apprentissage qui sont donc, qui font partie de LingQ, c’est les méthodes que j’ai toujours utilisées pour apprendre des langues. Même quand je ne savais pas ces principes, je n’avais pas lu, par exemple, je crois que tu connais Stephen Krashen, l’américain qui a écrit très très bien, enfin qui explique l’apprentissage à partir de « l’input » et tout ça. Eh bien, j’ai toujours suivi ces principes, même quand je ne les connaissais pas. Et ce sont ces principes-là qu’on a essayé de rendre plus puissants à travers toutes les fonctions que nous avons à LingQ.

– Impeccable. Donc, en fait, LingQ c’est un peu un moyen de s’immerger dans une langue étrangère.

– C’est ça. Enfin, c’est très intéressant. Je dis sur l’apprentissage évidemment, et sur comment fonctionne nos cerveaux. Eh bien, il y a un allemand qui s’appelle Manfred Spitzer qui a écrit un livre sur l’apprentissage, qui est très intéressant. Mais il explique que l’enfant, depuis sa naissance, la première année juste en écoutant la langue autour de lui, on a fait des recherches là-dessus, il peut distinguer les structures, donc les formules, les formes grammaticales qui sont correctes et pas correctes, qui appartiennent à sa langue et qui n’appartiennent pas à sa langue. Donc juste en écoutant en une année, déjà le bébé, leurs cerveaux ont assimilé, ont créé des liens pour savoir et éventuellement pour pouvoir parler dans sa langue maternelle. Donc, c’est pour expliquer que c’est à partir de l’immersion, c’est à partir d’ingérer, écouter, lire, éventuellement parler. C’est comme ça que le cerveau naturellement, sans beaucoup d’explications, sans des questions, sans des tests et tout ça, le cerveau commence à s’adapter à cette situation. Donc c’est l’immersion.

– C’est l’immersion. Et justement ça m’a étonné et c’est aussi ce que je conseille à certains de mes élèves, c’est de lire ou d’écouter un podcast cinq fois, six fois, dix fois et je crois que même plus dans ton cas. D’écouter des fois sans même comprendre le sens réel du podcast, s’immerger.

– Oui. Je crois qu’il faut quand même avoir un plan. Parce que moi, ce que je fais, quand je débute dans une langue, comme par exemple le persan ou l’arabe, je vais écouter. On a des histoires très simples où il y a beaucoup de répétition. Et celles-là, je vais les écouter 30, 40 fois. Mais pas à la suite, je vais écouter première histoire, deuxième, troisième, quatrième, retourner à la première. Et même si je ne comprends pas complètement, parce qu’au début je ne comprends rien, mais je cherche les mots en lisant. Je réécoute, je relis, et puis petit à petit ça avance. Même si je ne comprends que 50 pourcents, c’est déjà 50 pourcents. C’est déjà un stimulus, c’est déjà de l’expérience avec la langue, et le cerveau est en train d’arranger un peu, se rendre compte de ce qui se passe dans la langue, sans explications. Mais une fois que je suis un peu plus avancé dans la langue et c’est là où j’en suis maintenant avec l’arabe ou le persan… Parce que le cerveau, encore selon Manfred Spitzer, a besoin de répétition, mais a aussi besoin de nouveautés. Nos cerveaux aiment les choses nouvelles. Donc, je vais chercher des choses plus difficiles souvent, mais plus intéressantes. Alors là, je suis dans une étape où j’écoute moins souvent la même chose et plutôt je vais chercher des articles, des choses sur YouTube etc. qui sont plus intéressantes. Il faut un peu les deux. Et des fois je retourne aux exercices et l’entraînement. C’est comme on dit en anglais ‘the core’. Tu sais les muscles autour de l’estomac et le dos, il faut travailler le ‘core’. Je ne sais pas comment ça se dit en français. Des fois, je vais retourner sur ces histoires simples pour ensuite aller chercher des choses plus difficiles et plus intéressantes.

– Donc varier les plaisirs. C’est vraiment intéressant. Donc, s’immerger dans la langue, ce n’est pas seulement écouter plusieurs fois un podcast ou regarder plusieurs fois une émission sur YouTube ou sur Netflix. Quel autre conseil tu donnerais pour s’immerger dans une langue ?
– Moi je vois comme ça. Le but pour la plupart des gens, c’est de pouvoir parler. Eventuellement, on veut pouvoir parler finalement. Pour y arriver, il faut développer sa capacité, son potentiel, et là, c’est à travers beaucoup d’écoute et beaucoup de lecture, accumuler un vocabulaire. Parce que sinon, on veut parler, mais on veut avoir des discussions intéressantes. Pas seulement, quel temps fait-il chez toi ? Bla, bla, bla, bla… Comment tu t’appelles ? Donc, pour cela, il faut avoir un bon niveau de compréhension et un bon niveau de vocabulaire. Donc, on se prépare, mais éventuellement, il faut parler. Et justement, en parlant d’immersion, au Canada, nous avons les écoles d’immersion pour les anglophones, c’est-à-dire dans les écoles primaires, secondaires. Les enfants anglophones, il y a des centaines de milliers, qui font toute leur scolarité en français. Mais ils ne parlent pas entre eux parce qu’ils sont anglophones. Donc, ils ont une formation un peu détournée. Donc, ils comprennent mais ils ne parlent pas tellement bien. Bien sûr, ils ont cette base. Donc, s’ils vont dans un milieu francophone, que ça soit au Québec ou en France, ben très vite ils vont développer la capacité de parler. Mais c’est le cas de mes petits-enfants. Ils ne parlent pas très bien le français, parce qu’éventuellement il faut parler. Ce n’est pas assez juste d’écouter ou lire. Ça, c’est la préparation, mais éventuellement il faut parler.

– Alors, justement, comment fais-tu pour parler le persan, parler l’arabe ou le turc ?

– Ok. D’abord, il faut que j’avoue que j’ai laissé tomber le turc parce que c’était trois langues à la fois. C’était un peu trop. Et ensuite, j’aime la lecture. Et s’habituer à un nouveau système d’écriture, c’est très difficile. Donc, je me suis dit que je vais me concentrer sur l’écriture arabe, donc, et persane, c’est la même chose. Et j’ai mis un peu le turc à côté. Au début là, je me suis donné donc ce défi dans ces trois langues. Et j’avais un peu l’obligation de créer ou faire une vidéo où je discutais avec le tuteur, la tutrice, et donc je lui parlais arabe, persan et turc. Et pour me préparer donc, j’ai parlé avec ces tuteurs plusieurs fois. Mais sinon, maintenant, je n’ai pas cette obligation. Donc je ne fais qu’écouter et lire. Parce que maintenant, je ne vais pas faire la vidéo dans ces langues. Mais je veux être capable de comprendre les podcasts en arabe que j’écoute. France 24, par exemple, ils ont des podcasts en arabe. J’ai rencontré, à travers l’internet, il y a une dame en Iran qui m’a aidé à transcrire les podcasts que j’écoutais en persan. Et qui par la suite, elle a créé un cours sur l’histoire de l’Iran, mais parlé assez lentement, dans ses mots, donc c’est assez simple. Parce que je crois que ce qui manque souvent, c’est les contenus intermédiaires entre les choses très simples, comme les mini stories que nous avons à LingQ, et les choses vraiment difficiles. Donc je continue en travaillant sur le « input », et puis à un moment donné, je vais commencer à parler. Mais ce n’est pas le moment. Pour le moment, je ne fais que le ‘input’.

– ‘input’, c’est en fait, tu es dans la phase de préparation mais en ayant toujours dans la tête, dans ton esprit, cet objectif principal qui est de parler.

– Absolument, absolument. Il y a à Vancouver beaucoup de gens d’origine iranienne. Et quand je leur parle en persan, ils sont complètement fous, ‘you know’. Donc j’ai hâte de le faire. Pour le moment, je ne peux pas parce qu’on est en ‘lockdown’, comme on dit ici à Vancouver. Je ne peux pas sortir. Mais je veux parler, éventuellement, je veux parler. Je vais chercher des tuteurs à travers l’internet, n’importe quoi, comme je l’ai fait pour l’arabe. L’ennui avec l’arabe, c’est que l’arabe moderne, standard, ce n’est pas la langue parlée dans quelques pays que ce soit. Donc, j’ai aussi commencé à écouter, on a les mini stories à LingQ en arabe levantin, l’arabe du Liban, de Syrie, etc. Donc, je vais m’habituer à cette variété de l’arabe et peut-être un jour, j’irai au Liban.

– D’accord, très bien, très bien.

– Mais l’objectif, c’est de pouvoir parler.

– Voilà, ton objectif principal reste celui-ci : parler. Tu sais, avec ton expérience, l’importance de bien se préparer avant de parler, avant de sauter le pas. Voilà. Alors, je sais que tu as fait un peu la même chose avec les autres langues alors, pour le grec…

– Même pour le chinois, il y a 50 ans. C’était surtout la lecture et l’écoute. Mais éventuellement, quand on commence, parce qu’au début, on n’a pas beaucoup de choses à dire, on n’a pas beaucoup de mots, on ne comprend pas ce que dit l’autre, donc il faut vraiment développer cette capacité. Mais une fois qu’on est à un niveau, disons Europe, système-là européen B1, entre B1 et B2, là, il faut commencer à parler, mais sans craindre les fautes, sans craindre les fautes. Parce que plus on parle, plus on écoute l’autre, plus on se rend compte de ses problèmes, le plus vite on pourra s’améliorer. Donc, il faut parler sans craindre les fautes.

– Très bien, donc aussi un travail sur soi. Avoir une certaine confiance en soi pour pouvoir justement s’exprimer sans avoir la crainte d’être corrigé par la personne qui est en face de nous. Par rapport à ton application LingQ, combien de langues on peut apprendre ?

– On a 35 langues. Bien sûr, il y a des langues où on a des bibliothèques énormes, et toujours audio et texte. Et il y a d’autres langues, il y en a moins forcément. Mais on a aussi la possibilité d’importer. Donc, par exemple, pour le polonais, on n’avait pas beaucoup de choses dans notre bibliothèque. Mais j’ai acheté. Le polonais, c’est plus facile parce que c’est écrit en alphabet latin. Donc ce n’est pas comme l’arabe. Et j’ai pu acheter des livres numériques avec audio-livres. Je les ai importés à LingQ. On peut importer des choses de YouTube, de Netflix et les travailler, et les étudier, sauvegarder des mots et des expressions sur LingQ. Donc même pour les langues où il y a moins de contenu dans nos bibliothèques, il y a toujours le moyen d’utiliser tout ce qui est disponible sur internet. Mais en principe, on a 35 langues.

– Excellent. Donc dans LingQ, on va utiliser les mini stories, on va utiliser des audio-books aussi, non ?

– Oui, on a des audio-books dans nos bibliothèques mais on peut les importer parce qu’on a une espèce de, je ne sais pas comment on le dit en français, on a un ‘browser extension’ pour Safari, pour Chrome, etc. Et vous cliquez là-dessus, et vous êtes sur un article d’un journal, vous êtes sur YouTube, une vidéo, ou Netflix, clic. Et vous avez soit les sous-titres, soit l’article en LingQ, avec toute la fonctionnalité. Et là, pour pouvoir lire, comprendre et éventuellement apprendre ces mots et ces expressions.

– Super. Donc vraiment, LingQ permet de varier les plaisirs. On peut très bien prendre des cours de français de manière traditionnelle, à l’école ou avec un professeur privé et puis suivre des cours avec LingQ.

– Oui, ce n’est pas exactement des cours, parce que typiquement les cours, c’est basé sur l’explication de la grammaire, des textes, que je n’aime pas du tout. Par exemple, les questions sur la compréhension, ok ? Tu vas entendre quelque chose, ensuite, ils vont te poser des questions « Est-ce que vous avez bien compris ? ». C’est à moi de comprendre ou ne pas comprendre ou de mal comprendre. Donc, toute cette pédagogie traditionnelle qui essaie de tester les compétences, etc. Ça non, à LingQ, on n’en a pas. On a des contenus, soit des contenus dans nos bibliothèques qui peuvent être à votre niveau ou intéressants pour vous, soit vous pouvez aller chercher n’importe où, quelque contenu que ce soit, digital, numérique, sur l’internet ou ailleurs. Et ça devient donc du contenu important pour vous. Parce que le cerveau veut des choses nouvelles et des choses importantes pour le cerveau. Donc il faut chercher des choses ‘relevant’ pour vous et apprendre à partir de ces choses-là. Et de cette façon-là, le cerveau va s’habituer à la langue. Et si vous êtes curieux sur certains points de grammaire, ce n’est pas difficile de chercher. Vous pouvez aller sur Google, le verbe, je ne sais pas quoi et voilà, toute la conjugaison est là. Non seulement ça, à LingQ, vous allez chercher un verbe dans le dictionnaire, vous avez les dictionnaires spécialisés pour les conjugaisons. Vous allez tout de suite voir quelle forme vous avez là, et toutes les autres formes de ce verbe. Donc tous les moyens sont là. On n’a pas besoin de cette façon d’instruction « Aujourd’hui, je vous enseigne le subjonctif. Et par la suite, je vais vous tester sur le subjonctif ». Ça n’a aucun sens parce que, soit je n’ai pas compris, soit j’ai compris et je peux répondre correctement aujourd’hui et après deux jours, je l’aurai complètement oublié. Donc non, ce n’est pas cette formule-là que nous avons.

– Et puis on n’a peut-être pas besoin du subjonctif à ce moment-là. On n’a pas besoin de l’apprendre. On en aura peut-être besoin dans un an ou dans deux ans. Mais pour l’instant T maintenant, on n’en a pas besoin.

– Exactement. Et une fois que cela est devenu une habitude. « Il faut que je sois, il faut que je sois », c’est une habitude. C’est ça, je le dis. Je ne pense pas « Est-ce que c’est le subjonctif ou pas le subjonctif ? ». « Il faut que j’arrête, il faut que j’arrête, faut que j’arrête », cela devient une habitude. A ce moment-là, vous n’avez plus besoin d’explications. Et si ce n’est pas une habitude, toutes les explications ne vont pas aider.

– C’est ça. Et c’est ça que j’aime bien. C’est en fait qu’on apprend des mots, on les apprend. Ces mots sont sélectionnés. Ces mots sont acquis. Et qu’est-ce qu’on va faire avec ces mots, on va les répéter.

– Oui, on peut les répéter.

– On peut les répéter. Et cette répétition-là va nous permettre de bien la mémoriser dans notre cerveau. Mais on a toujours besoin de nouveaux contenus et c’est ce qu’apporte justement…

– Oui c’est ça. Mais on peut les répéter en ‘flashcards’. Mais on ne peut pas, si on ne veut pas. Moi je ne le fais pas. Juste au début, je le fais parce que tous ces mots-là, ils vont paraître de nouveau. Chez nous à LingQ, les mots nouveaux sont en bleu. Par la suite, ils deviennent jaunes. Et on les revoit, les revoit, les revoit. Et toutes les explications, enfin les traductions du dictionnaire, on les oublie. Mais à force de les voir plusieurs fois, éventuellement, on ne sait pas comment, mais finalement, ça reste dans le cerveau.

– C’est ça. En fait, la répétition est ludique. A force de relire de nouveau ce mot, on va lire un paragraphe avec je ne sais pas « Elisa se maria ». Tiens, on a appris le verbe ‘se marier’, ‘se maria’. Donc, dans le chapitre suivant, on va retrouver de nouveau la même conjugaison du verbe ‘marier’ et on se souviendra de cette conjugaison-là.

– Oui, c’est ça. Et on se rend compte des choses. Par exemple, le fait qu’en français, vous avez le passé simple. Ça s’appelle le passé simple, maria, ça s’appelle comment, c’est le passé ?

– C’est ça.

– Ouais, ouais. Et puis au début, les gens sont un peu confus « Comment ça se fait qu’il y a un passé simple dans la langue écrite et pas dans la langue orale ? ». Mais finalement, les gens se rendent compte de cela. Ils le voient. Et s’ils sont curieux, ils vont peut-être chercher à Google. Mais éventuellement, ce sont des choses qu’on commence à découvrir. Il faut découvrir la langue par soi-même et par sa curiosité, et par le fait d’être exposé à tellement de contenus en écoute ou en lecture, qu’éventuellement on forme des habitudes et des choses commencent à devenir naturelles. Mais il faut beaucoup d’écoute et beaucoup de lecture. Donc, de l’immersion.

– D’apprendre de façon ludique. Et de répéter.

– Et il y a une chose aussi qui est importante en LingQ, il y a un tas de statistiques. Parce que le système commence à savoir combien de mots, quels mots vous connaissez, quels mots vous ne connaissez pas, combien de mots vous avez appris, combien de mots vous avez lus, etc. Donc, parce que souvent, au début, on appelle ça la période ‘lune de miel’, les premiers trois mois. On a l’impression de…

– C’est l’excitation !

– Voilà, je comprends quelque chose, j’arrive à dire quelque chose. Et puis par la suite, il y a une longue période. On a l’impression de ne pas progresser dans la langue. Il y a toujours des mots qu’on ne connaît pas. Il y a toujours la même chose « J’écoute et je ne comprends pas ». C’est pour ça que nos statistiques sont là pour que les gens sachent. Parce que si on est actif dans la langue, on va apprendre. Donc, il faut signaler que voilà, vous avez lu tant de mots, vous avez acquis tant de mots. Vous faites des progrès dans la langue, même si vous n’en êtes pas conscient. Et je crois que c’est très important, surtout quand on étudie par soi-même, pas dans une classe.

– Exactement. On appelle ça la traversée du désert, cette partie-là, où on a l’impression de ne pas avancer, de ne pas voir le bout. Mais en fait, on apprend. Et c’est vrai que les statistiques aident beaucoup. En classe, on a besoin du professeur qui nous dise « Si, je t’assure, tu es en train d’avancer. Tu as appris de nouveaux mots. Ou regarde, tu n’arrivais pas à conjuguer au futur simple, ou tu n’arrivais pas à faire la différence entre le passé composé et l’imparfait. Et maintenant si, tu y arrives ! ». Mais on n’en prend pas conscience. Donc, c’est intéressant justement d’avoir ces statistiques. Oui, très bien. Steve, j’étais très très content d’avoir fait cette interview avec toi.

– C’était un grand plaisir pour moi aussi.

– On a appris plein de choses. Notamment, cette application LingQ. Moi, je l’ai découvert récemment. C’est un élève qui m’en a parlé. C’est génial. Moi, je l’ai utilisé un petit peu avec l’allemand. Donc c’est là où j’ai vu justement ces mots bleus, là qui apparaissent. Donc, c’est vraiment une application que je conseille aussi à tous ceux qui veulent apprendre une langue, notamment le français.

– Mais je veux aussi te féliciter pour ce que tu fais. Je crois que ce que nous voyons, c’est de plus en plus de gens qui enseignent leur langue, dans la plupart des cas, à travers l’internet. Il y a différentes approches. Mais je crois que c’est très, comment dirais-je, c’est pas ‘exciting’ excitant non, mais c’est un nouveau monde. Et surtout maintenant qu’on est obligé de rester chez soi, mais même après. Je crois qu’on doit se demander « Est-ce que je dois… ». Par exemple, il y a un tas de gens qui viennent à Vancouver pour apprendre l’anglais. Mais les frais de transport, les classes, etc. Mais on peut tout aussi bien apprendre chez soi, soit le français, pour éventuellement visiter la France, par exemple. Mais on peut développer son niveau à travers tout ce genre de programme, canal YouTube, comme ce que tu fais. Donc, je crois que c’est excellent ce que tu fais. Absolument.

– Merci. Merci beaucoup Steve. C’est très gentil. Ça me va au cœur. C’est gentil. Merci. Je te souhaite une bonne continuation Steve.

– Même chose à toi.

– Et bonne progression dans ton apprentissage du persan et de l’arabe.

– Merci. J’ai besoin d’encouragement. Non, j’aime, j’aime ! Merci.

– Ça se voit. Ça se voit. Merci.

– Merci Thomas.

– Merci pour ton témoignage.

– Ok. Au revoir.

– Salut !

– Salut.

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